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Association prospective entre la fréquence de consommation d’aliments bio et la variation de poids corporal, le risque de surpoids ou d’obésité : résultats de l’étude NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2017 117(2):325-334

Kesse-Guyot E, Baudry J, Assmann KE, Galan P, Hercberg S, Lairon D.

Un indice de masse corporelle moins élevé a été observé chez les consommateurs de produits bio, mais cette association n’a jamais été évaluée dans une étude avec un schéma prospectif. Notre objectif était d’étudier prospectivement l’association entre la fréquence de consommation d’aliments bio et la variation de poids. Nous avons analysé les données de 62224 participants de la cohorte NutriNet-Santé (78 % de femmes, âge moyen = 45 ans). Des données concernant la fréquence de consommation d’aliments bio, les apports alimentaires et les mesures anthropométriques répétées ont été collectées. Pour seize produits, les participants ont déclaré leur fréquence de consommation d’aliments bio (jamais, occasionnellement, la plupart du temps). Un score bio (OS) avec un maximum de trente-deux points a été calculé pour chaque individu.

Les associations entre le score OS (modélisé en quartiles (Q)) et la variation de poids au cours du suivi (en moyenne 3,1 ans) et le risque de surpoids et d’obésité ont été estimées par ANCOVA et régression logistique multivariée.

Une augmentation moins élevée de l’IMC a été observée à travers les quartiles d’OS (différence moyenne Q4 vs Q1 = - 0,16 (IC 95 % - 0,32, - 0,01). Une augmentation de l’OS était également associée à un plus faible risque de surpoids et d’obésité (parmi les participants non en surpoids et non obèses à l’inclusion). Une réduction de risque de surpoids et d’obésité était observée chez les plus grands consommateurs de bio : les odd-ratios Q4 vs. Q1 étaient respectivement 0,77 (IC 95 % 0,68, 086) et 0,69 (IC 95 % 0,58, 0,82). Concernant le risque d’obésité, l’association était plus forte chez les participants avec une adhérence aux recommandations nutritionnelles plus élevée.

Cette étude suggère un rôle protecteur fort de la fréquence de consommation d’aliments bio à l’égard du risque de surpoids et d’obésité qui dépend de la qualité globale du régime alimentaire. Si ces résultats sont confirmés, ils pourraient contribuer à affiner les recommandations nutritionnelles en tenant compte des modes de production agricoles.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28166859