Etude NutriNet-Santé
Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Les associations sexe-spécifiques de différents indices anthropométriques avec l’insomnie aiguë ou chronique

Eur J Public Health. 2017 27(6):1026-1031

Andreeva VA, Torres MJ, Druesne-Pecollo N, Léger D, Gonzalez R, Bayon V, Hercberg S, Galan P.

Contexte : Les troubles du sommeil, incluant l’insomnie, sont des facteurs de risque de prise de poids. Toutefois, peu d’études épidémiologiques ont investigué l’association entre des marqueurs anthropométriques et l’insomnie.

Méthodes : Dans cette étude transversale observationnelle, nous avons évalué l’association de 3 indices anthropométriques différents avec l’insomnie aigüe ou chronique. Nous avons utilisé les données des 13389 adultes français (âge moyen = 51,9 ± 13,1 ans ; 70,3 % de femmes) ayant participé au volet clinico-biologique de la cohorte NutriNet-Santé. Le poids, la taille, le tour de taille et le tour de hanches ont été mesurés au cours des examens cliniques (2011-2014). L’indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille et le rapport taille hanche (RTH) ont été choisis comme variables indépendantes. L’insomnie aigüe (au cours des 8 derniers jours) et l’insomnie chronique (supérieur ou égal à 3 mois) ont été évaluées en 2014 via un questionnaire auto-déclaratif. Des modèles de régression logistique multivariée ont été appliqués pour déterminer les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC).

Résultats : Une association inverse a été observée entre le surpoids (25,0 ≤ IMC ˂ 30,0 kg/m²) et l’obésité (IMC ≥ 30,0 kg/m²) et le risque d’insomnie aigüe chez les hommes (surpoids : OR = 0,80, IC à 95 % : 0,70, 0,92 ; obésité : OR = 0,78, IC à 95 % : 0,63, 0,98). Une association positive a été observée entre l’obésité, évaluée par l’IMC ou le RTH, et l’insomnie chronique chez les femmes (IMC : OR = 1,23, IC à 95 % : 1,04, 1,45 ; RTH : OR = 2,24, IC à 95 % : 1,07, 4,72). Aucune association n’a été observée avec le tour de taille dans les 2 sexes.

Conclusions : Ces résultats transversaux ont mis en évidence des associations sexe-spécifiques du surpoids/obésité avec différents types d’insomnie, et méritent d’être confirmés par des études longitudinales utilisant des paramètres d’évaluation du sommeil objectifs.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29069319


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Les motivations de choix alimentaires incluant la durabilité lors des achats sont associées à un profil alimentaire bénéfique pour la santé chez des adultes français

Nutr J. 2017 16(1):58

Allès B, Péneau S, Kesse-Guyot E, Baudry J, Hercberg S, Méjean C.

Contexte : La durabilité est devenue d’un intérêt grandissant pour les consommateurs et pourrait influencer leurs apports alimentaires. Seules quelques études ont investigué les relations entre les motivations de choix alimentaires liées à la durabilité et l’alimentation et elles portaient sur des groupes spécifiques d’aliments.

Objectif : Cette étude transversale avait pour objectif d’évaluer les associations entre les motivations de choix alimentaires lors des’achats, incluant en particulier la durabilité, et les profils alimentaires dans un échantillon important d’adultes français.

Design : Les motivations de choix alimentaires ont été collectés chez 31842 adultes de l’étude NutriNet-Santé, en utilisant un questionnaire validé constitué de 63 items rassemblés en 9 scores de dimensions : éthique et environnement, production traditionnelle et locale, goût, prix, limitation d’achat liée à l’environnement (ex : ne pas acheter un aliment par préoccupationenvironnementale), santé, commodité, innovation et absence de contaminants. Les apports alimentaires ont été estimés à partir d’un minimum de trois enregistrements alimentaires de 24 h sur internet. Trois profils alimentaires ont été identifiés via une analyse factorielle utilisant l’analyse en composantes principales. Les associations entre les scores de dimension des motivations des choix alimentaires et les profils alimentaires ont été évaluées par des modèles de régression linéaire en stratifiant sur le sexe.

Résultats : Les individus avaient une probabilité plus élevée d’avoir un régime alimentaire bénéfique pour la santé quand ils avaient de plus grandes limites dans leurs achats liées à des préoccupations environnementales (seulement pour le 3ème tertile versus le 1er tertile βfemmes = 0,18, IC 95 % = 0,15-0,20, βhommes = 0,20, IC 95 % = 0,15-0,25), de plus grandes préoccupations pour l’éthique et environnement (chez les femmes seulement, β = 0,05, IC 95 % = 0,02-0,08), l’absence de contaminants (chez les femmes seulement, β = 0,05, IC 95 % = 0,01-0,07), la production locale (chez les femmes seulement, β = 0,08 IC 95 % = 0,04-0,11), la santé (chez les femmes seulement), l’innovation (chez les hommes seulement), et moins de préoccupations pour le prix des aliments. Les individus avaient une probabilité plus faible d’avoir un régime alimentaire de type traditionnel ou « occidental » quand ils avaient de plus grande motivations en relation avec la durabilité.

Les individus, en particulier les femmes, ayant plus de considérations pour les dimensions de durabilité telles que l’éthique et l’environnement et la production locale, semblaient avoir une alimentation plus bénéfique pour la santé. D’autres études longitudinales sont nécessaires pour mieux comprendre comment les considérations pour la durabilité pourraient influencer la qualité du régime alimentaire à long terme.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28923107


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Comparaison des caractéristiques sociodémographiques et nutritionnelles entre les végétariens, végétaliens ou véganes et les consommateurs de viande auto-déclarés de l’étude NutriNet-Santé

Nutrients. 2017 9(9):e1023

Allès B, Baudry J, Méjean C, Touvier M, Péneau S, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Contexte : Il existe un intérêt grandissant pour les régimes végétarien et végane dans de nombreux pays occidentaux. De plus en plus de données épidémiologiques suggèrent que de tels régimes pourraient aider à rester en bonne santé. Néanmoins, les caractéristiques alimentaires et sociodémographiques des végétariens et des végétaliens ou véganes ne sont pas bien connues. L’objectif de cette étude transversale était de décrire les caractéristiques sociodémographiques et nutritionnelles des adultes végétariens et végétaliens ou véganes auto-déclarés, en comparaison de celles des consommateurs de viande au sein de l’étude française NutriNet-Santé.

Méthodes : Les participants ont été interrogés pour savoir s’ils suivaient un régime alimentaire spécifique. Ils ont ensuite été classés dans trois groupes auto-déclarés : 90664 consommateurs de viande, 2370 végétariens et 789 végétaliens ou véganes. Les données alimentaires ont été collectées via trois enregistrements alimentaires de 24 h. Des modèles de régression logistique polytomique multivariée ont été exécutés pour évaluer l’association entre les caractéristiques sociodémographiques et le type de régime alimentaire. La prévalence de l’inadéquation des apports en nutriments a été estimée par sexe et âge pour les micronutriments ainsi que par type de régime alimentaire auto-déclaré.

Résultats : Comparés aux consommateurs de viande, les végétariens avaient une probabilité plus élevée d’avoir un niveau d’éducation plus élevé, tandis que les végétaliens ou véganes avaient un niveau d’éducation plus faible. Comparés aux consommateurs de viande, les végétariens avaient une probabilité plus élevée d’être une femme, des individus plus jeunes, et travailleur indépendant ou n’ayant jamais eu un emploi plutôt que cadre. Les végétariens et les végétaliens ou véganes avaient substitué les produits riches en protéines animales par une consommation plus élevée de produits riches en protéines végétales (ex : produits à base de soja ou légumes). Les végétariens avaient le régime alimentaire le plus équilibré en termes de macronutriments et aussi une meilleure adhésion aux recommandations nutritionnelles françaises. Les végétariens montraient une prévalence estimée plus faible d’inadéquation pour les micronutriments tels que les vitamines antioxydantes (ex : pour la vitamine E, 28,9 % pour les femmes végétariennes âgées de moins de 55 ans vs. 41,6 % chez les consommateurs de viande) tandis que les végétaliens ou véganes montraient une prévalence estimée plus élevée d’inadéquation pour certains nutriments, en particulier la vitamine B12 (69,9 % chez les hommes et 83,4 % chez les femmes âgées de moins de 55 ans), comparés aux consommateurs de viande.

Notre étude met en lumière que, globalement, les végétariens et les végétaliens ou véganes devraient atteindre les recommandations nutritionnelles.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28926931


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Apports en antioxydants issus de l’alimentation et des compléments alimentaires et risque de cancers digestifs chez les adultes de plus de 45 ans : résultats de la cohorte prospective NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2017 118(7):541-549

Egnell M, Fassier P, Lécuyer L, Gonzalez R, Zelek L, Vasson MP, Hercberg S, Latino-Martel P, Pilar G, Druesne-Pecollo N, Deschasaux M, Touvier M.

Des études expérimentales suggèrent des effets protecteurs des antioxydants dans la prévention des cancers digestifs. Cependant, les résultats issus des études épidémiologiques sont contrastés et peu d’études ont pris en compte une évaluation quantitative de l’apport via les compléments alimentaires.

L’objectif de cette étude était d’examiner les associations entre les apports en antioxydants (alimentaires, compléments alimentaires, totaux) et le risque de cancers digestifs. Cette étude prospective a inclus 38812 sujets âgés de plus de 45 ans de la cohorte NutriNet-Santé (2009-2016). Les données alimentaires ont été collectées via des enregistrements répétés de 24 h. Un questionnaire spécifique a été utilisé pour évaluer la consommation de compléments alimentaires sur une période de 12 mois. Une table de composition incluant près de 8000 compléments alimentaires a été créée. Les associations entre les apports (codés en continu et en quartiles sexe-spécifiques) de vitamines C et E, β-carotène et sélénium et le risque de cancers digestifs ont été analysées par des modèles de Cox multivariés.

Un total de 167 cancers digestifs (120 colorectaux, 26 du pancréas, 9 de l’œsophage, 7 de l’estomac et 5 du foie) ont été diagnostiqués au cours du suivi. Les apports alimentaires (Risque Relatif (RR)Q4 v. Q1 = 0,56 ; IC 95% : 0,34-0,91, P-trend = 0,01) et totaux (RRQ4 v. Q1 = 0,51 ; IC 95% : 0,30-0,84, P-trend = 0,008) en vitamine C, les apports alimentaires (RRQ4 v. Q1 = 0,56 ; IC 95% : 0,34-0,92, P-trend = 0,005) et totaux (RRQ4 v. Q1 = 0,58 ; IC 95% : 0,36-0,94, P-trend = 0,003) en vitamine E, les apports alimentaires (RRpour un incrément de 10 µg/j = 0,92 ; IC 95% : 0,85-1,00, P = 0,04) et totaux (RRpour un incrément de 10 µg/j = 0,92 ; IC 95% : 0,86-0,99, P = 0,03) en sélénium étaient associés à une diminution du risque de cancers digestifs. Des interactions statistiquement significatives ont été observées entre les apports alimentaires et totaux en sélénium et la consommation d’alcool ainsi qu’entre l’apport total en vitamine E et le statut tabagique.

Cette étude prospective incluant une évaluation quantitative de l’apport en antioxydants issu des compléments alimentaires suggère un possible effet protecteur de plusieurs antioxydants (vitamines C et E et sélénium) vis-à-vis du risque de cancers digestifs ainsi qu’une modulation de certaines de ces associations par la consommation d’alcool et le statut tabagique.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28927476


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Disparités sociales des pratiques culinaires : une étude DEDIPAC

Nutr J. 2017 16(1):62

Méjean C, Si Hassen W, Gojard S, Ducrot P, Lampuré A, Brug H, Lien N, Nicolaou M, Holdsworth M, Terragni L, Hercberg S, Castetbon K.

Le rôle spécifique des indicateurs socio-économiques majeurs sur les pratiques culinaires pourrait mettre en évidence des profils socio-économiques distincts, permettant de comprendre les mécanismes amenant aux inégalités sociales de santé. Cette étude a investigué s’il existait une association indépendante avec les pratiques culinaires pour chacun des indicateurs socio-économiques (éducation, profession, revenus).

Un ensemble de 62373 adultes participant à l'étude de cohorte NutriNet-Santé basée sur internet ont été inclus dans nos analyses transversales. Les compétences en cuisine, l’utilisation d’aliments bruts et l’équipement de cuisine ont été évalués par des scores compris entre 0 et 10 points ; la fréquence de préparation des repas, le plaisir de cuisiner et la volonté à cuisiner mieux ou plus fréquemment sont des variables catégorielles. Les associations indépendantes entre les facteurs socio-économiques (éducation, revenus et profession) et les comportements de préparation des aliments ont été estimées par analyse de covariance et des modèles de régression logistique stratifiés sur le sexe. Les modèles incluaient simultanément les trois indicateurs socio-économiques, et été ajustés sur l’âge et la composition du foyer et sur le fait que le sujet était ou non le principal cuisinier du foyer.

Les participants avec le plus faible niveau d’éducation, ceux ayant les revenus les plus faibles, les ouvrières et les employées consacraient plus de temps par jour à la préparation des repas que ceux ayant le niveau d’éducation le plus élevé, ceux avec les revenus les plus élevés et les cadres (P ˂ 0,0001). Les individus avec le plus faible niveau d’éducation avaient plus de risque de ne pas cuisiner que ceux avec le niveau d’éducation le plus élevé (femmes : OR = 3,36 (1,69-6,69) ; hommes : OR = 1,83 (1,07-3,16)) tandis que les ouvrières et les employées et les personnes n’ayant jamais travaillé avaient moins de risque de ne pas cuisiner (OR = 0,52 (0,28-0,97) ; OR = 0,30 (0,11-0,77)). Les ouvrières et les employées avaient les plus faibles scores d’utilisation d’aliments bruts et avaient moins risque de vouloir cuisiner plus, comparé aux cadres (P ˂ 0,001 et P ˂ 0,001). Les femmes appartenant au groupe des revenus les plus faibles avait un score plus faible pour l’équipement de cuisine (P ˂ 0,0001) et avaient un risque plus faible d’apprécier de cuisiner des plats quotidiennement (OR = 0,68 (0,45-0,86) que celles avec les revenus les plus élevés.

Les groupes socio-économiques les plus défavorisés, en particulier les femmes, consacraient plus de temps à préparer les repas que les groupes socio-économiques les plus favorisés. Néanmoins, les ouvrières et les employées utilisaient moins d’aliments bruts et frais pour préparer les repas que les cadres. Dans un contexte défavorable en France avec une diminution du temps consacré à la préparation des plats au cours de la dernière décennie, nos résultats ont mis en évidence des disparités socio-économiques dans les pratiques culinaires chez les femmes, tandis que peu de différences ont été observées chez les hommes.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28931416


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