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Modifications des apports alimentaires et en alcool entre avant et après le diagnostic de cancer : résultats de l’étude de cohorte prospective NutriNet-Santé

Int J Cancer. 2017 141(3):457-470

Fassier P, Zelek L, Lécuyer L, Bachmann P, Touillaud M, Druesne-Pecollo N, Galan P, Cohen P, Hoarau H, Latino-Martel P, Kesse-Guyot E, Baudry J, Hercberg S, Deschasaux M, Touvier M.

L’alimentation et la consommation d’alcool après le diagnostic pourraient être associées au pronostic de cancer, au risque de récidive et à la mortalité. L’objectif objectif était d’étudier les variations des apports en aliments, nutriments et alcool entre avant et après le diagnostic de cancer ainsi que leurs déterminants dans la cohorte prospective NutriNet-Santé.
 
Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé ayant eu un cancer incident diagnostiqué entre 2009 et 2016 ont été inclus (n = 696). Les apports alimentaires, en nutriments et en alcool ont été collectés prospectivement à partir des enregistrements alimentaires de 24 h répétés et non consécutifs depuis l’inclusion (en moyenne 2 ans avant le diagnostic). Le nombre moyen d’enregistrements alimentaires par sujet était de 5,9 avant et de 8,1 après diagnostic. Toutes les données alimentaires avant et après diagnostic ont été comparées par des modèles mixtes. Les facteurs associés aux modifications alimentaires majeures observées ont été investigués par des régressions logistiques multivariées.
 
Nous avons observé une diminution des apports en légumes (diminution moyenne des apports chez les patients ayant diminué leur apport = - 102,4 ± 79,8 g/j), produits laitiers (- 93,9 ± 82,8 g/j), viandes/abats (- 35,5 ± 27,8 g/j), produits à base de soja laitiers (- 85,8 ± 104,1 g/j), boissons sucrées (- 77,9 ± 95,4 g/j) et boissons alcoolisées laitiers (- 92,9 ± 119,9 g/j) et une augmentation des apports en bouillon (42,1 ± 34,9 g/j) et matières grasses/sauces (18,0 ± 13,4 g/j). Nous avons observé une diminution des apports énergétiques (- 377,2 ± 243,5 kcal/j) et des apports en alcool (- 7,6 ± 9,4 g/j), protéines (- 17,4 ± 12,5 g/j) et plusieurs vitamines (p < 0,05) et micronutriments (p < 0,05). A l’inverse, les apports en lipides (19,4 ± 14,6 g/j), acides gras saturés (9,3 ± 7,0 g/j), acides gras mono-insaturés (8,3 ± 6,3 g/j) et vitamine E (3,9 ± 3,3 g/j) ont augmenté après diagnostic.
 
Cette grande étude prospective suggère que le diagnostic de cancer est une période clef pour des changements de l’alimentation. Elle met en évidence certains comportements favorables à la santé telle que la diminution de la consommation d’alcool et de boissons sucrées, mais aussi des tendances moins favorables telles que la diminution de la consommation de légumes et des apports en de nombreuses vitamines et minéraux. Ces résultats apportent des connaissances pour identifier et cibler des recommandations à proposer pour une meilleure prise en charge nutritionnelle des patients après leur cancer.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28335085